Carnet de Compostelle -4- la première étape

Si vous avez bien suivi mes péripéties, vous savez donc que je suis partie depuis la frontière italienne.
Au bord de la mer, j’ai rejoint la belle ville de Menton, connue pour ses citrons ( ! Point culturel !)
Tout d’abord nous prenons la direction de la basilique St Michel. Ça monte sec ! A peine arrivée à la moitié j’ai ai déjà les mollets en feu ! Il faut dire qu’ un escargot avec une maison sur le dos… ça peine ! J’en profite pour regarder le paysage. En bord de plage les palmiers font les fiers tandis que la mer affiche déjà des reflets turquoises.
En haut, arrivé à la basilique les évènements sont moins glamours.
Un enterrement commence et notre présence dérange. Mais tant pis il le faut, le départ doit être officialisé. A toute course son signal, ici c’est avec l’encre qu’ on signe.
On repart. Et ont redescend. Je me suis donnée du mal pour arriver tout en haut et il faut déjà recommencer à zéro.
On longe la mer. Mon père utilise son road book pour connaître le croisement à ne pas rater et en profite pour m’expliquer le principe des balises. Elles sont peintes, collées parfois très rapprochées parfois espacées de plusieurs mètres. Marque rouge et blanche pour aller tout droit, flèche pour tourner, une croix pour barrer la route, une coquille pour aller vers Compostelle et une clé pour se diriger vers Rome. Il faut être attentif et le jeu de piste commence.
Vers la piscine le chemin tourne à droite, on passe dans les rues commerçantes puis rapidement entre les habitations. Ça grimpe, ça grimpe et le jeu d’ enfant est là. Je prends la tête, repère les balises, ouvre la voie.
Le chemin me plait bien. Le sac ne pèse pas du tout sur mon dos.
Je grignote une banane et continue.
On arrive très vite à Roquebrune Cap Martin.

Les couleurs me plaisent. J’adore ces villages aux maisons colorées.

Je repère même LA petite terrasse où j’aimerai pouvoir me poser avec Robin même si elle est dans le passage, le charme du lieu prend le dessus. On déambule, mon père me raconte son anecdote sur le nom « Roquebrune Cap Martin ». Il prend un accent du Sud qui m’amuse, et on se perd. A force d’inattention on a manqué les balises.

Demi-tour.

On continue à grimper, dans l’arrière pays Niçois il fallait s’y attendre.

On découvre un olivier millénaire, superbe. On aperçoit Roquebrune qui s’est déjà éloignée de nous, son château et puis on arrive assez vite sur un sentier. Et là la véritable ascension me met immédiatement dans le bain. Le sentier plairait à Robin, en sous-bois, caillouteux… Un jogger nous dépasse.

Arrivée en haut, franchement, je ne comprends pas comment il a fait. La côte était si raide, ce mec avait de supers mollets pour endurer ce sentier !

Mais ce n’est pas terminé. On traverse une route et la côte reprend toujours aussi pentue. Je ne me rends pas tellement compte de la difficulté car à cet obstacle vient s’ajouter quelque chose de non désagréable: la vue.

Plus on monte, plus elle est époustouflante. On voit l’Italie, on voit Monaco, la mer et la végétation aux alentours.

Le panorama est splendide. Si j’avais un Iphone un peu plus haut de gamme, je ferai une photo panoramique. Ou plutôt 100 photos, la démesure ça me connaît.

La haut, le sentier devient plat, mais qu’on regarde à gauche ou à droite, c’est tout aussi comparable.

En face l’autoroute, mon père me dit qu’on va devoir descendre pour passer en dessous, moi je suppose que l’autoroute passera dans un tunnel. J’ai gagné.

On redescend légèrement, on traverse encore une route, on se retrouve sur un sentier qui monte de nouveau. Il est bientôt 13 heure et on cherche un emplacement pour pique-niquer. Je trouve une zone plane, sans herbe ni terre, et quelques rochers pour se poser. La pause est validée. J’étire longuement mes jambes, et j’enfile ma doudoune. Ça fait du bien de se poser !

Le temps s’est couvert, et puis l’inactivité refroidit très vite le corps. Le déjeuner ne s’éternise pas, on a trop froid ! On repart gants aux mains, et quelques mètres plus loin, une jolie marre avec des poissons rouges. L’endroit idéal pour se poser ! Nous avons manqué de patience…

Ça grimpe, encore et toujours. J’aperçois une sorte de poule faisandée, le 1er animal sur le chemin. On sort du sentier, on se retrouve sur une route, on croise des allemands, qui au vu de leur équipement doivent faire de l’escalade dans le coin. Une très jolie et grande propriété attire notre attention sur la gauche, et puis soudain des chèvres et un âne.

Il est magnifique, il s’approche, il grimpe pour venir nous voir. On fait quelques photos et quelqu’un s’arrête. Il nous dit que c’est la propriété de Stéphanie, que la princesse est présente aujourd’hui. On ne l’apercevra pas.

En face, un étalon noir attire notre regard. Lui aussi s’approche de nous. La propriété est tout aussi charmante, une sorte de grand hangar soulève en nous des questions, et puis tout s’éclaire. C’est ici que sont gardées les éléphantes de la princesse: Baby& Népal.

Vu l’espace, elles doivent bien s’y plaire !

On arrive au pont des Demoiselles, on a grimpé depuis ce matin quasiment 800m de dénivelé.

Le chemin continue, encore et encore, par sentier, par ville. Je commence le « jeu des piscines », je regarde, je cherche celle qui me plairait le plus. A chaque piscine, l’envie de s’y jeter est plus forte…

On arrive finalement à notre 1er lieu d’accueil: Notre dame de Laghet. Vu du haut ça a l’air somptueux.

Vu du bas, c’est tout aussi charmant. Une soeur nous accueille, nous remet la clé de notre chambre, nous installe dans la maison où vivent les prêtres.

Ce soir, ce sera chambre commune avec mes parents. Je redoute déjà les ronflements de mon père…

Nous assistons à l’office du soir, c’est mercredi Saint.

J’ai dit que je n’étais pas catholique, mais j’ai été très croyante pendant une vingtaine d’années. J’ai prié, parfois plusieurs fois par jour, j’ai mon chapelet près de mon lit. Je suis allée à l’Eglise faire des prières, allumer des cierges… Et il y a trois ans, quand j’ai raté mon concours, alors que j’y croyais si fort, une fracture s’est produite.

Je n’avais plus la foi, je n’avais plus le courage d’y croire. J’étais vidée. Tout s’écroulait autour de moi à ce moment là.

J’ai boudé Dieu. J’ai cessé du jour au lendemain de prier chaque soir. Ce rituel pourtant installé depuis des années a cessé.

Six ou huit mois plus tard, timidement, petit à petit, j’ai recommencé. Et puis je me suis mise en couple avec Robin, et j’ai cessé en sa présence de prier. Ce n’est pas quelque chose que j’aime partager. Depuis son installation, mon quota de prière est à zéro, et ma foi a aussi diminué.

Donc, pendant cet office, je me sentais bien loin des paroles chantées. De cette croyance profonde et de cet amour pour Dieu.

Heureusement l’office ne durait qu’une trentaine de minutes. Cet honneur fait aux soeurs pour leur accueil prit fin, et nous nous dirigeâmes vers la salle de repas.

Et là…

Il faut vous dire que le portrait dressé par mon père était plutôt alarmant au vu de mes habitudes: dortoir commun, repas imposé… Moi qui ait le sommeil sensible et les papilles gustatives très difficiles, je m’inquiétais un peu de cette semaine où rien ne serait sous contrôle.

Les soeurs nous servent une soupe: ce qui permet à mon père d’énoncer que c’est là l’hydratation du pèlerin; suivie d’une moussaka MAISON (mon plat préféré mais que j’ai toujours mangé surgelé), une sorte de flan au caramel, et puis du vin.

J’avais presque cessé de boire avant de partir, et là j’en ai bien profité tous les soirs ! Mais finalement le vin rouge me tourne moins la tête et ne m’assoupit pas contrairement aux autres alcool.

Le repas ne traîne pas, je sors appeler Robin.

Un chat errant s’approche, se frotte, il me fait pitié. Je n’ose pas le toucher mais lui se jette contre mes pieds. Je le prends en photo près de la fontaine, il ne pourra pas y attraper de poissons, dommage pour lui.

Je rentre, me lave les pieds, me couche et je lance « Radiostars » dans mon Ipad. Je me marre, mon père ronfle, avec ma mère on en rie, il se réveille.

Le sommeil m’appelle, fin de la 1ère journée.

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Le jeu de piste

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Source

On estime nous cette journée à + de 20 km  car nous avons rallongé l’étape en partant de la frontière réalisés en 6 bonnes heures environ.

 A gauche en haut de l’image notre point de départ:

En rouge: l’arrivée du jour (difficile de croire que ça ne fait qu’une bonne vingtaine de km…)

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